Le Cousin de Fragonard

16 01 2009

Le Cousin de FragonardNote de l’éditeur
“Un Fragonard peut en cacher en autre. Honoré, né à Grasse, se forme à l’anatomie auprès du dénommé Lemoignon, avant de monter à Paris pour enseigner auprès de Bougrelat, fondateur de l’École vétérinaire de Maisons-Alfort, où il se voue à l’exploration des chairs, des peaux, des dépouilles et conçoit ses fameux écorchés. Attentif aux grandes expérimentations scientifiques caractérisant le basculement du XVIIIe au XIXe siècle, il est un personnage singulier, profondément émouvant, qui traverse une époque effervescente où le monde est défini sous l’éclairage de la raison, et non plus de la religion. Il croise des peintres (Jean-Honoré, son célèbre cousin, ainsi que David), des écrivains (Diderot), des figures pittoresques. Mais aussi l’amour: une jeune fille littéralement foudroyée lors de leur seule et ultime rencontre, et dont le deuil demeure impossible. Ce roman foisonnant et haut en couleur révèle la part d’ombre qui sous-tend les Lumières, muant ainsi le siècle classique en un siècle baroque. On retrouve ici tout l’humour, l’invention verbale, le délire, la puissance visionnaire de l’auteur d’Hémisphère Nord et de La Géométrie des sentiments, deux livres qui, avec Le Cousin de Fragonard composent une trilogie sur les rapports de la science et de l’art.”

On a souvent comparé Le cousin de Fragonard au Parfum de Süskind. Je dirais plutôt que ce roman est un étrange croisement entre ledit Parfum et l’univers de Jean Teulé, le tout saupoudré d’une dose de folie et d’exubérance qui doit être propre à Roegiers. Son Cousin est un véritable feu d’artifice verbal, empli de personnages outranciers, ponctué de scènes peu ragoûtantes, mais tempéré par une distance, un entrain et une tendresse omniprésents. Et oui, c’est avec un plaisir et un entrain parfois caricaturaux qu’Honoré (cousin anatomiste de Frago peintre) dissèque, évide, écorche.

Les scènes très crues, les ellipses plus que hardies et les délires sporadiques de Roegiers me sont passés à mach 3 au-dessus de la tête. En revanche, j’ai aimé le jeu passionné, presque fou, de Roegiers avec la langue (une débauche de termes aujourd’hui inusités ou d’inventions à chaque page !) et la mélancolie croissante de son héros, son passage des Lumières à la Révolution, de la passion à l’abandon. En gros, un bilan en demi-teintes pour ce roman historique bref et foudroyant, mais je suis sûre que beaucoup de lecteurs y ont trouvé/trouveront leur compte !

A lire à jeun, avec le Dictionnaire historique de la langue française sous le coude.

Patrick ROEGIERS, Le Cousin de Fragonard, Paris, Points Seuil, 2008.

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...et l'autre

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7 réponses

16 01 2009
Cuné

Mais c’est un Patounet !! :-D
M’enfin, lire à jeun, j’ai du mal ;o)

16 01 2009
bookomaton

Je te jure que celui-là, il faut pas le lire après avoir ripaillé… ou en mangeant (ce que je fais quand même assez souvent, en bonne geekette du livre que je suis) ;-)

Oui… c’est un Patounet ;-) Je pensais que ça allait passer quasi inaperçu en citant à peine son prénom !!! Je suis démasquée…

16 01 2009
bookomaton

Pfffff, attentive au moindre détail !!

;-)

16 01 2009
Cuné

Ben tiens !! Je veille… ;o)

18 01 2009
fashion

Je l’ai mis dans le patounet colis (je ne dis rien de plus). On verra bien. (Mais je flippe un peu en lisant ta critique. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de le lire avant de l’envoyer, c’est mal, je sais.)

18 01 2009
bookomaton

J’avoue que c’est un pouco pas mal gore, plus que le Parfum à mon avis. Du genre viscères à l’air, et tout et tout.

23 01 2009
yueyin

Bon je ne trouve pas ton mail sur ton blog alors je m’en vais te remercier 1000000000 fois ici, après tout c’est de circonstance… J’ai reçu ton paquet aujourd’hui et je viens juste de le déballer (en prenant moult photos !!!) et je suis aussi excitée qu’une puce (enfin si les puces sont excitées ce qui n’est pas prouvé) les deux livres me comblent (j’ai hâte de lire celui-ci tiens, normalement (normalement !!!!) j’ai l’estomac bien accroché mais bon :-)); le disque est une superbe idée, comme tout le reste d’ailleurs (je ne sais pas encore par quelle friandise je vais attaquer les hostilités, quant au collier il est déjà autour de mon coup… bon je vais me faire un thé moi… encore merci Carine (au fait ta boite était nettement au dessus de la taille M non ? ;-))))
Quand au tire-bouchon, il est adorable… je suis sûre qu’il va avoir beaucoup de succès auprès du reste de la famille d’ailleurs ;-)

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