Présentation de l’éditeur
“Je suis le fils d’un salopard qui m’aimait. Mon père était un marchand de meubles qui récupéra les biens des Juifs déportés. Mot par mot, il m’a fallu démonter cette grande duperie que fut mon éducation. À vingt-huit ans, j’ai connu une première crise de délire, puis d’autres. Je fais des séjours réguliers en hôpital psychiatrique. Pas sûr que tout cela ait un rapport, mais l’enfance et la folie sont à mes trousses. Longtemps je n’ai été qu’une somme de questions. Aujourd’hui, j’ai soixante-trois ans, je ne suis pas un sage, je ne suis pas guéri, je suis peintre. Et je crois pouvoir transmettre ce que j’ai compris. “
Avec l’aide de Judith Perrignon, Gérard Garouste se livre dans ce bref Intranquille. Le style est on ne peut plus direct et cru : le peintre raconte sans trop de chichis sa vie, ses errances et ses interrogations. On y glane des informations sur son cheminement et ses préoccupations artistiques ; il n’oublie toutefois pas de souligner ce qu’il doit à son « salopard » de père, aux lunaires Casso et Éléo, à son épouse Élisabeth, au flamboyant Fabrice, au marchand d’art Leo Castelli… Il en profite également pour bousculer quelques clichés, comme ceux de la « folie créatrice », du rapport entre artiste et folie ou de la vie de bohème. Autant d’éléments qui font de l’Intranquille un portrait qui paraît honnête et nuancé.
Un témoignage qui laissera peut-être les aficionados sur leur faim, mais qui constitue une bonne porte d’entrée dans l’univers de cet artiste.
Gérard GAROUSTE & Sophie PERRIGNON, L’intranquille, Paris, L’Iconoclaste, 2009.






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